L'Iran menace de se retirer de la Coupe du Monde avant les discussions avec la FIFA

« S'il n'y a aucune garantie qu'ils seront pris en compte, alors personne n'a le droit de nous insulter ou d'insulter les piliers de notre système. » Voilà la déclaration de Mehdi Taj, président de la Fédération iranienne de football — et il s'agit d'un véritable ultimatum, pas d'une posture politique.

Taj a confirmé mercredi qu'il rencontrera le président de la FIFA Gianni Infantino dans les trois ou quatre prochains jours pour exiger des assurances que l'Iran sera traité avec respect lors de la Coupe du Monde 2026 sur le sol américain. Si ces assurances ne sont pas données, la participation de l'Iran est véritablement remise en question.

Le problème du CGRI ne disparaît pas

Le point de friction, c'est Taj lui-même. Le Canada lui a refusé l'entrée sur son territoire la semaine dernière en raison de ses liens avec le Corps des Gardiens de la révolution islamique — classé comme entité terroriste par les États-Unis et le Canada. Taj a occupé un poste de haut rang au CGRI avant de se tourner vers l'administration du football. Ce passé ne s'efface pas à un poste-frontière, et Washington a clairement indiqué qu'il ne ferait pas semblant du contraire.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a soutenu publiquement Taj mercredi, le porte-parole Esmail Baghaei arguant que les règlements de la FIFA obligent les nations hôtes à délivrer des visas « sans tenir compte de considérations ou de motifs politiques ». C'est une lecture raisonnable du règlement. C'est aussi le genre d'argument qui se complique rapidement lorsque les lois de sécurité nationale du pays hôte disent quelque chose de différent.

La FIFA se retrouve coincée entre ses propres statuts et deux gouvernements souverains qui n'ont aucune envie d'assouplissement diplomatique. Infantino a déjà navigué dans des champs de mines politiques, mais celui-ci compte des participants actifs avec des griefs actifs — l'Iran et les États-Unis sont en guerre en tout sauf en nom officiel depuis les frappes de fin février.

Sur le terrain, l'Iran se prépare toujours

Au milieu du bruit politique, l'entraîneur Amir Ghalenoei continue tranquillement son travail. Une liste de 30 joueurs sera annoncée cette semaine, qui sera réduite à 26 après un stage d'entraînement en Turquie débutant le 16 mai. Le stage fait suite à des matchs amicaux que l'Iran a disputés là-bas contre le Costa Rica et le Nigeria en mars — les matchs de préparation ont été difficiles à organiser, plusieurs équipes s'étant retirées au dernier moment.

L'Iran doit ouvrir sa campagne contre la Nouvelle-Zélande à Los Angeles le 15 juin, avec sa base américaine établie au Kino Sports Complex à Tucson, en Arizona. Les trois matchs de poule se dérouleront sur le sol américain — ce qui explique précisément pourquoi la question politique est si importante. Il ne s'agit pas d'un détail logistique. C'est tout le contexte.

Tous les marchés de paris sur la phase de groupes impliquant l'Iran comportent une véritable incertitude en ce moment — non pas sur la qualité, mais sur leur présence effective. Taj l'a dit clairement : « Nous participerons certainement » si les attentes sont satisfaites. Le conditionnel fait beaucoup de travail dans cette phrase.