Nouveau syndicat mondial des joueurs AIF lancé à Madrid pour rivaliser avec la FIFPRO
« Nous représentons plus de 30 000 footballeurs, et nous venons ici avec un nouveau modèle visant à protéger les droits des joueurs. » C'est ainsi que David Aganzo s'est exprimé jeudi à Madrid, dévoilant l'Association Internationale des Footballeurs (AIF) — un défi direct à l'emprise de la FIFPRO sur la représentation mondiale des joueurs.
Aganzo, président de l'AFE espagnole et ancien dirigeant de la FIFPRO, dirige cette nouvelle organisation. Les syndicats de joueurs du Brésil, du Mexique et de la Suisse se tenaient à ses côtés lors du lancement. Il affirme que 15 à 20 autres syndicats attendent déjà de les rejoindre.
La FIFPRO riposte — et les gants sont retirés
La réponse de la FIFPRO a été rapide et cinglante. L'organisation a accusé Aganzo d'agir par intérêt personnel et de s'aligner avec des groupes expulsés de la FIFPRO pour présumée mauvaise gestion. C'est une accusation grave, et elle signale qu'il ne s'agira pas d'un désaccord poli entre organisations rivales.
Aganzo a tout rejeté en bloc, affirmant qu'il « ne cherchera pas la confrontation avec la FIFPRO ». Reste à savoir s'il obtiendra ce qu'il souhaite.
La décision de l'AFE de soutenir l'AIF n'était pas serrée. Leur Assemblée Générale Extraordinaire l'a approuvée en février avec 99,8% des votes en faveur — et a simultanément validé le retrait de la FIFPRO, invoquant un « manque total de transparence » et l'incapacité à dialoguer avec les instances dirigeantes internationales. C'est une rupture nette, pas une simple brouille.
L'ombre de la FIFA plane sur toute l'affaire
Le timing est chargé de sens. Les relations entre la FIFA et la FIFPRO se sont effondrées en 2024 après que le syndicat a déposé une plainte auprès de la Commission Européenne, arguant que la FIFA avait abusé de sa position dominante en élargissant le calendrier international sans consultation appropriée. La Coupe du Monde des Clubs à 32 équipes, le format élargi de la Coupe du Monde, l'accumulation incessante de matches — tout cela fait partie de ce différend.
Aganzo a nié que le président de la FIFA Gianni Infantino soutienne l'AIF, mais ne s'en est pas vraiment distancié non plus. « Un dialogue direct avec la FIFA », a-t-il déclaré, est essentiel. Il rencontrera Infantino lors du Congrès de la FIFA le 30 avril. Tirez vos propres conclusions.
Pour quiconque suit les marchés des qualifications pour la Coupe du Monde ou le climat politique autour du tournoi 2026, cette scission compte. Un syndicat de joueurs plus disposé à travailler avec la FIFA plutôt qu'à l'attaquer en justice change le paysage des négociations — ouvrant potentiellement la voie à l'expansion du calendrier souhaitée par les instances dirigeantes et à laquelle de nombreux joueurs et clubs se sont opposés.
Interrogé sur les informations selon lesquelles un émissaire de Trump aurait pressé la FIFA d'échanger l'Iran contre l'Italie à la Coupe du Monde, Aganzo est resté simple : « Les gens qui veulent aller à la Coupe du Monde doivent mériter leur place sur le mérite sportif. » Sa rencontre avec Infantino le 30 sera révélatrice.