Les supporters de Chelsea et Strasbourg s'unissent dans une protestation contre BlueCo avant le match contre Man Utd

Les supporters de Chelsea et Strasbourg s'unissent dans une protestation contre BlueCo avant le match contre Man Utd

« Nous pensons que cela pourrait être un moment sismique dans l'histoire du football. » Ce n'est pas le langage d'un fan mécontent qui se défoule sur les réseaux sociaux — c'est la mission affichée d'une protestation transfrontalière qui verra des groupes de supporters strasbourgeois prendre l'avion pour Londres et défiler aux côtés des fans de Chelsea avant le match à domicile des Blues contre Manchester United le 18 avril.

La manifestation, organisée par NotAProjectCFC, a un message : BlueCo dehors. Et pour la première fois, ce ne seront pas seulement les supporters de Chelsea qui le délivreront.

Pourquoi les supporters strasbourgeois prennent l'avion pour Stamford Bridge

BlueCo — le consortium dirigé par Todd Boehly et Clearlake Capital — a acheté Chelsea en 2022 et a ajouté Strasbourg à son portefeuille un an plus tard. La multipropriété de clubs était censée créer des synergies. Ce qu'elle a réellement produit, selon les supporters des deux clubs, c'est une érosion de l'identité, des groupes de supporters réprimés et un flot de décisions discutables déguisées en stratégie.

Les Ultra Boys 90, le Kop Ciel et Blanc, la Fédération des supporters du RCS et la section Pariser ont tous confirmé qu'ils feraient le déplacement. Ce ne sont pas des groupes marginaux — ils représentent le cœur organisé de la base de supporters strasbourgeoise, et leur volonté de dépenser de l'argent pour prendre l'avion vers l'ouest londonien montre à quel point ils prennent cela au sérieux.

Le communiqué de NotAProjectCFC l'a dit clairement : « Des clubs comme le RC Strasbourg sont dépouillés de leur identité, et des groupes de supporters de longue date et respectés sont censurés et réprimés par une propriété brutale. » Des mots forts. Mais le contexte les rend difficiles à réfuter.

Les chiffres qui ont rendu cela inévitable

Chelsea a dépensé environ 2 milliards de dollars en transferts depuis la reprise. Le résultat : sixième place en Premier League, éliminé de la Ligue des champions après une humiliation 8-2 sur l'ensemble des deux manches contre le PSG, et deux défaites consécutives sans marquer contre Newcastle et Everton. La victoire en Coupe du monde des clubs l'été dernier ressemble de plus en plus à l'exception qui confirme la règle.

Il y a aussi la petite affaire d'une amende de 13,7 millions de dollars, d'une interdiction de transfert de neuf mois sur les joueurs de l'académie et d'une interdiction d'un an avec sursis sur les signatures seniors — sanction pour violation des règles de dépenses de la Premier League à l'époque Abramovich. Elle est arrivée au pire moment possible pour un effectif qui a déjà besoin d'une refonte.

Liam Rosenior, arraché à Strasbourg pour remplacer Enzo Maresca après une dispute de bureau le jour du Nouvel An, épuise rapidement sa bonne volonté. Cette décision — remplacer un entraîneur qui avait mené Chelsea à la quatrième place par quelqu'un qui n'avait jamais entraîné en Premier League — ressemble maintenant au genre de décision que seul BlueCo pourrait prendre sans sourciller.

Les cotes de Chelsea pour le top quatre ont déjà pris un coup. Avec l'interdiction de transfert qui limite les options de reconstruction et aucune identité footballistique claire sur le terrain, les chiffres ne vont pas s'améliorer avant le 18 avril.

Quatre ans plus tard, près de 2 milliards de dollars dépensés, et Stamford Bridge se prépare à accueillir une marche de protestation de deux pays. Voilà l'ère BlueCo en une phrase.