Coupe du Monde 2026 au Canada : Une nation enfin prête à rivaliser
« Nous voulons gagner la Coupe du Monde. » Jesse Marsch l'a dit à voix haute, officiellement, et il ne s'en est pas excusé. Que vous trouviez cela inspirant ou délirant dépend probablement de l'attention avec laquelle vous avez suivi l'ascension du Canada au cours de la dernière décennie.
Le 12 juin, le Canada affrontera la Bosnie-Herzégovine lors de son tout premier match de Coupe du Monde à domicile — une étape qui aurait semblé relever de la fantasy lorsque le même programme était classé 116e mondial en 2015. Ils sont désormais 26e. Ce n'est pas un coup de chance ; c'est un changement structurel.
L'effectif qui a tout changé
Alphonso Davies au Bayern Munich. Jonathan David à la Juventus. Ismael Koné évoluant en Serie A avec Sassuolo. Il s'agit véritablement de l'équipe masculine canadienne la plus talentueuse jamais réunie, et la profondeur derrière ces noms est également réelle.
Une grande partie remonte à l'immigration. Davies est né de parents libériens dans un camp de réfugiés au Ghana avant de s'installer au Canada à l'âge de cinq ans. David est né à New York de parents haïtiens. Koné est arrivé de Côte d'Ivoire. Marsch l'a dit simplement : « L'amour qu'ils ont d'être Canadiens et de jouer pour l'équipe nationale canadienne est vraiment fort. » On l'a vu lors de la Copa America 2024, lorsque le Canada a atteint les demi-finales avant de perdre contre les champions du monde argentins — un résultat qui les a présentés à un public beaucoup plus large.
Leur bilan en Coupe du Monde reste sinistre sur le papier : six matchs joués, six défaites en 1986 et 2022. Mais la phase de groupes 2022 au Qatar a raconté une histoire plus complexe. Le Canada a été compétitif. Ils sont simplement tombés sur la Belgique, la Croatie et le Maroc — une équipe demi-finaliste — dans le même groupe et n'en ont rien tiré.
Le groupe B et les véritables enjeux
Cette fois, ils affronteront la Bosnie-Herzégovine, le Qatar et la Suisse dans le groupe B, avec six matchs organisés à Toronto et sept à Vancouver. La qualification de ce groupe est réaliste, pas un vœu pieux — et les cotes sur la qualification du Canada devraient refléter une équipe classée 26e mondiale jouant devant un public local qui sera électrique.
La perspective plus large compte également. Le football est déjà le sport le plus pratiqué au Canada, avec près d'un million de joueurs inscrits. La Coupe du Monde 1994 a fait pour le soccer américain ce que les dirigeants de Soccer Canada espèrent ouvertement que 2026 pourra faire au nord de la frontière. Le PDG Kevin Blue l'a dit clairement : « Un long parcours dans le tournoi qui soit captivant créera une demande de visionnage pour le soccer à l'avenir, sous toutes ses formes. »
Une élimination en phase de groupes tue cet élan avant qu'il ne se construise. Un parcours jusqu'aux phases éliminatoires — même un quart de finale — pourrait modifier la position commerciale du sport au Canada pour une génération. C'est le véritable prix, au-delà de ce qui se passe sur le terrain.
Marsch ne prétend pas que le groupe est une simple formalité. « Il est possible que nous soyons éliminés dès le groupe », a-t-il reconnu. « Mais nous croyons en nous-mêmes, nous croyons en notre groupe et nous croyons en nos joueurs. » Après 150 ans de football organisé au Canada, il s'avère que ce n'est pas rien.