La Fédération palestinienne refuse de serrer la main d'Israël au Congrès de la FIFA
« Je ne peux pas serrer la main de quelqu'un que les Israéliens ont amené pour blanchir leur fascisme et leur génocide. Nous souffrons. » Telle fut l'explication de la Fédération palestinienne de football concernant ce qui s'est passé au Congrès de la FIFA à Vancouver jeudi — et cela met en lumière pourquoi le football continue d'échouer à traiter sérieusement ce conflit.
Le président de la FA palestinienne, Jibril Rajoub, a refusé de se tenir aux côtés du vice-président de la FA israélienne, Basim Sheikh Suliman, lorsque tous deux ont été appelés à la tribune par le président de la FIFA, Gianni Infantino. Infantino a physiquement posé sa main sur le bras de Rajoub et lui a fait signe de se rapprocher. Rajoub n'a pas bougé.
La poignée de main qui n'a pas eu lieu
La réponse d'Infantino a été de prendre la parole et de lancer un appel à l'unité : « Nous travaillerons ensemble, Président Rajoub, Vice-Président Suliman. Travaillons ensemble pour donner de l'espoir aux enfants. Ce sont des questions complexes. »
La vice-présidente de la FA palestinienne, Susan Shalabi, n'était pas de cet avis. Elle a déclaré à Reuters que la tentative d'Infantino d'obtenir une poignée de main de réconciliation est intervenue quelques instants après que Rajoub ait passé 15 minutes à présenter un argumentaire détaillé expliquant pourquoi les clubs israéliens ne devraient pas être autorisés à opérer depuis les colonies de Cisjordanie. Tenter de conclure ce discours par un geste symbolique lui semblait, à elle, un rejet de tout ce qui venait d'être dit.
« Il a passé environ 15 minutes à essayer d'expliquer à tout le monde à quel point les règles comptent, comment cela pourrait facilement créer un précédent où les droits des associations membres sont violés avec impudence, et ensuite nous allons simplement passer tout cela sous le tapis. C'était absurde. »
Le différend plus large ne disparaît pas
Il ne s'agit pas seulement d'une question d'apparence à une table de conférence. La semaine dernière, la FA palestinienne a fait appel auprès du Tribunal arbitral du sport après que la FIFA a décidé le mois dernier qu'elle ne prendrait aucune mesure contre les clubs israéliens basés dans les colonies de Cisjordanie. Le raisonnement de la FIFA : le statut juridique non résolu de la Cisjordanie en droit international rend toute décision trop compliquée. La position de la FA palestinienne est inverse — les règles sont claires et la FIFA refuse simplement de les appliquer.
Israël a nié avoir commis un génocide à Gaza. La FIFA, de son côté, semble déterminée à maintenir le différend footballistique israélo-palestinien dans un état d'ambiguïté contrôlée plutôt que de forcer une décision qui aurait de réelles conséquences pour l'une ou l'autre partie.
Alors que Rajoub et Shalabi quittaient le Centre des congrès de Vancouver, ils ont été confrontés à un autre groupe de manifestants exigeant que la FIFA interdise l'équipe nationale iranienne en raison de liens présumés avec le Corps des Gardiens de la révolution islamique. Lorsqu'on lui a demandé si la situation palestinienne le rendait sympathique aux positions pro-CGRI, Rajoub a été direct : « Nous ne soutenons personne, nous voulons juste le soutien de la communauté internationale. »
C'est la position vers laquelle la FA palestinienne ne cesse de revenir. La question de savoir si la FIFA écoute réellement est une tout autre question.