L'IFAB adopte la 'règle Vinícius' interdisant de se couvrir la bouche sur le terrain

Les législateurs du football ont fait quelque chose de rare : agir rapidement. L'IFAB a approuvé à l'unanimité la soi-disant 'règle Vinícius' lors d'une réunion spéciale à Vancouver, faisant désormais de l'acte de se couvrir la bouche en s'adressant à un adversaire sur le terrain une infraction passible d'un carton rouge.

La règle est une réponse directe à l'affaire Gianluca Prestianni. L'Argentin s'est vu infliger une suspension de six matchs pour insultes homophobes dirigées contre Vinícius Júnior, mais les insultes racistes alléguées par le Brésilien n'ont pas pu être prouvées de manière concluante. Pourquoi ? Parce que Prestianni s'était couvert la bouche en parlant, rendant la lecture labiale impossible et ne laissant aucune image exploitable aux caméras. Cette faille est désormais comblée — ou du moins, c'est l'intention.

L'empreinte d'Infantino est partout

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a poussé cette mesure depuis le début, obtenant un accord initial lors de l'Assemblée générale de l'IFAB au Pays de Galles en mars dernier. La réunion spéciale de mardi au Canada l'a rendue officielle. La règle devrait faire ses débuts lors de la Coupe du Monde.

Tout le monde n'est pas convaincu qu'il s'agisse de la bonne solution. Les critiques — et il y en a de légitimes — soulignent que les joueurs se couvrent régulièrement la bouche pour dissimuler des instructions tactiques aux adversaires ou pour éviter d'être captés par les microphones de diffusion lorsqu'ils parlent à leurs coéquipiers. Aucun de ces cas ne constitue un abus. La règle ne fait aucune distinction, ce qui signifie que les arbitres devront prendre des décisions en plein match avec très peu d'éléments.

Cette ambiguïté est importante. Un carton rouge distribué à tort lors d'un match à élimination directe de la Coupe du Monde parce qu'un joueur a protégé une discussion tactique du banc adverse serait une catastrophe. L'intention derrière la règle est juste. C'est l'exécution qui devient compliquée.

Les abandons de terrain et matchs interrompus également abordés

La réunion de Vancouver ne s'est pas arrêtée à la règle Vinícius. L'IFAB a également approuvé des sanctions pour les joueurs qui quittent le terrain en signe de protestation contre une décision d'arbitre — ils peuvent désormais être expulsés. Le personnel d'entraîneurs qui encourage cet abandon encourt la même sanction.

Il y a aussi une référence explicite à la controverse de la Finale de la Coupe d'Afrique des Nations entre le Sénégal et le Maroc : toute équipe qui provoque l'interruption d'un match perdra, en principe, la rencontre par forfait. Le chaos de la CAN rencontre un élément dissuasif.

  • Les joueurs se couvrant la bouche en s'adressant à des adversaires peuvent être expulsés
  • Les joueurs quittant le terrain en signe de protestation contre une décision d'arbitre risquent un carton rouge
  • Les entraîneurs qui encouragent un abandon de terrain encourent la même sanction
  • Les équipes provoquant l'interruption d'un match perdront le résultat par forfait

Trois changements de règles significatifs, tous adoptés en une seule séance. La Coupe du Monde vient de se doter d'un règlement plus complexe — et les arbitres d'une liste plus longue de décisions qu'ils peuvent prendre de manière catastrophiquement erronée.